Interview Henri Texier

Interview Henri Texier

En concert au Nice Jazz Festival, vendredi 21 juillet 2017 à 20h45, sur la scène du Théâtre de Verdure.

À quoi fait référence le nom de votre album Sky Dancers 6 ?


Sky Dancers est le nom que se donnent certains Amérindiens du Nord-est des USA et du Canada, spécialisés dans la construction d’édifi ces métalliques et particulièrement les gratte-ciels new-yorkais, et n’éprouvant pas ou maîtrisant la sensation de vertige. Ils travaillent là-haut « dansant sur les poutrelles dans le ciel ».

Qu’est-ce qui vous a amené à dédier à nouveau un album aux indiens d’Amérique ?


Depuis toujours je me suis intéressé aux Amérindiens et récemment, j’ai découvert un article consacré à l’état de dénuement dans lequel se trouvent la plupart des réserves où ils sont confi nés dans l’indifférence générale et j’ai décidé de leur consacrer une nouvelle fois un album.


Qu’est-ce qui vous fascine particulièrement chez les Amérindiens ?


Le respect profond qu’ils ont toujours éprouvé et exprimé vis-à-vis de la nature.

Y a-t-il un lien entre la culture amérindienne et le jazz ?


Il n’y a pas de lien culturel apparent entre la musique de jazz et les Amérindiens, sinon que bon nombre de grands créateurs de cette musique ont du sang indien qui coule dans leurs veines comme Charles Mingus (qui est d’ailleurs le nom d’une civilisation amérindienne précolombienne), Sonny Rollins, Don Cherry...


Pouvez-nous nous expliquer ce que vous avez souhaité développer dans votre projet ?


À part le plaisir de jouer avec les musiciens qui participent à mes projets et de partager ce plaisir avec le public, je ne voulais rien d’autre qu’attirer l’attention sur les souffrances des Amérindiens, leur rendre hommage, non pas d’une façon anecdotique, mais
simplement au travers d’évocations si possible poétiques.

Pourquoi avoir dédié un morceau au batteur Paul Motian ?


Paul Motian est pour moi, non seulement un des plus grands batteurs de l’histoire du jazz, mais aussi un magnifi que com- positeur et chef d’orchestre qui m’a beaucoup infl uencé et qui m’a fait l’honneur d’enregistrer et de se produire à mes côtés. Jamais je ne l’oublierai. Votre fi ls, Sébastien est aussi musicien.


Comment partagez-vous cette passion commune ?


Déjà adolescent, Sébastien Texier s’intéressait de très près à la musique de jazz. Il participe à mes groupes depuis bientôt vingt-cinq ans. Cela fait longtemps que notre histoire est une histoire de compagnonnage. Sinon, mon rapport artistique avec lui est exactement le même qu’avec mes autres camarades musiciens. Nous partageons une passion sans faille pour notre si belle, si vivante et si créative musique : le jazz.