INTERVIEW YAZZ AHMED

INTERVIEW YAZZ AHMED

En concert le samedi 3 mars 2018 2018 à 20h30 au Forum Nice Nord dans le cadre des Nice Jazz Festival Sessions

Yazz c’est un clin d’œil au Jazz ?

C’est marrant, en fait mon vrai nom est Yasmeen, qui est le nom en arabe pour le Jasmin (la fleur, ndlr). J’ai grandi au Bahreïn, et là bas mon prénom n’était pas un problème, mais à l’âge de 9 ans, lorsque nous nous sommes installés à Londres, j’ai été surprise que personne ne puisse le prononcer correctement. Tout le monde disait « YaZmin », ce que je détestais, ça semblait être un vrai problème pour les anglais. C’est alors qu’un de mes professeurs a commencé à m’appeler Yazz et c’est resté. Je sais que dans certains pays, comme la Suède, le mot « Jazz » est prononcé « Yazz », mais pour le coup, c’est simplement une coïncidence  

 

Pourquoi avoir choisi la trompette ?

C’est grâce à mon grand-père, Terry Brown. Le père de ma mère était un célèbre joueur de trompette à Londres dans les années 50. Il jouait avec Tubby Hayes et John Dankworth et continuait à produire des disques pour Philips et Pye. Il avait l’habitude de me jouer beaucoup de titres de jazz et je lui dois beaucoup. La trompette a été un choix instinctif.

 

Qui est « la Saboteuse » de votre album ?

C’est le nom que je donne à cette petite voix intérieure qui est familière à beaucoup d’artistes, cette voix qui essaie sans cesse de saper, ridiculiser et intimider. La saboteuse, c’est mon anti-muse, mon destructeur intérieur. En lui donnant un nom, une person- nalité, ça m’aide à reconnaître sa voix et à passer outre son message négatif.

 

Qu’est ce qui vous a attiré à londres ?

En fait, je suis née à Londres, je suis ensuite partie vivre au Bahreïn quand je n’étais qu’un bébé mais c’est dans cette capitale que j’ai grandi. Même si parfois je me sens comme une étrangère à Londres, j’aime cette ville, sa diversité, sa créa- tivité et son énergie brute. C’est l’une des plus grande ville mu- sicale du monde et je suis très chanceuse d’en faire partie.

 

Parlez-nous des membres du groupe ?

Tous les membres du groupe sont très importants. D’ailleurs, si vous vous procurer un exemplaire de « La Saboteuse » vous découvrirez que chaque membre du groupe et de l’équipe de production dispose d’une page entière parlant d’eux dans le livret qui va avec le CD. Nous nous connaissons tous depuis des années et nous sommes devenus une grande famille. J’aime travailler avec eux, et les entendre jouer ma musique est un véritable régal. Nous avons appris à jouer ensemble, ils m’inspirent et m’enseignent à chaque fois que je suis sur scène avec eux.

 

C’était important pour vous d’être leader d’un projet ?

Je n’avais pas le désir profond de devenir le leader, ça c’est fait par nécessité. J’ai du former un groupe pour jouer la musique que j’écrivais et aussi pour faire entendre ma voix car je n’avais pas beaucoup d’opportunités en tant que sideman. Quoi qu’il en soit, je ne me vois pas comme un dictateur ou un chef pour les membres de mon groupe. Quand je compose, ou durant nos presta- tions quand je dirige le groupe, je les encourage à jouer, je leur laisse de l’espace pour briller et pour que des choses magiques se produisent.Je me vois plus comme un guide sur un voyage montrant quelques possibilités de ce qu’il peut arriver mais donnant la liberté d’expression à l’ensemble du groupe.